MON JOURNAL DE BORD DU 14 septembre====================
7h debout
8h30, je dépose la petite Lucie à l’école
9h30, je m’arrête à St Ouen sur Loire. Une personne m’a appelé hier me signalant des miaulements désespérés depuis 5 jours dans une grange. Armés de lampe de poche, nous inspectons les lieux que son propriétaire a bien voulu nous ouvrir. Silence total. Nous refermons les portes et les miaulements reprennent. Il est bien là ! Au bout d’une heure, nous découvrons dans un large tuyau posé debout un chaton emprisonné. Il est très très sauvage mais tellement affaibli que je réussi à le mettre dans une cage de transport.
Arrivée au refuge, nous installons le chaton et lui donnons à boire et à manger. Je raconte alors mes aventures aux filles mais je ne leur arrache qu’un pauvre sourire quand je leur raconte que le propriétaire de la grange (environ 80 ans) m’a discrètement mis les mains aux fesses pour m’aider à grimper à une échelle.
Je continue à parler mais je ne m ‘écoute plus, le visage des fourmis me semblant étrangement sombre.
- Il s’est passé quelque chose !
- Bin oui… Nin-Nin…
- Quoi Nin-Nin ?
- Elle est morte ce matin….
J’en reste sur les fesses pensant à son passé douloureux…. C’est pas possible.
Le vétérinaire appelle : hémorragie interne, hémophilie, coagulation…et il termine par Saga : les radios montrent une dysplasie très avancée… inopérable.
Et ce maudit téléphone qui n’arrête pas de sonner
- J’ai un problème avec mon chien. Je déménage, vous comprenez et bla bla bla
- J’ai trouvé deux chatons… et bla bla bla
- Mon voisin frappe son chien et bla bla bla
- Ma chatte a fait des petits et bla bla bla
1 3h – On s’échappe pour une petite heure à la PAT A PAIN avaler rapidement notre sempiternelle part de pizza. Retour pour 14h
Ca sonne à la porte. Il faut maintenir la dizaine de chiens à chaque fois pour ne pas qu’ils s’échappent. Une petite dame : « J’ai mis du pain dans votre coffre dehors, c’était juste pour vous le dire » « Merci beaucoup Madame » Encore une qui veut qu’on voit qu’elle a déposé 4 croûtons de pain et qu’on la remercie.
Encore quelqu’un à la porte… une dame avec un labrador.
- c’est un ami qui m’envoie pour vous laisser son chien
- Mais pourquoi n’est t il pas venu lui même ?
En guise de réponse elle nous tend un carnet de santé et nous tombons raide quand nous voyons le nom. Cette personne est très connue pour nous avoir déjà abandonné plusieurs chiens. Et il est là garé à quelques centaines de mètres n’osant même pas descendre de voiture. Je vous jure, je l’ai incendié de sottises et j’ai pris le chien malgré le manque de place flagrant.
Tout à coup, branle bas de combat… Graffiti nous fait une petite détresse respiratoire certainement dû au stress d’avoir changé de lieu de vie. Injection de valium et de solumédrol et tout rentre dans l’ordre très très rapidement.
Un employé arrive…. Un chien s’est coupé un coussinet… ça saigne
Et un autre encore : tel chat à la diarrhée, qu’est qu’on fait ?
Et le téléphone et la sonnette de la porte et ça court dans tous les sens.
Quelques visites. Peut-être une touche pour notre Debby ou peut-être SAM. La dame hésite et elle repart.
17h… enfin une bonne nouvelle… JEEPS s’en va. Papi est très âgé… alors on fait un petit bain à Jeeps, on charge les croquettes dans le coffre et à 17h30, devant mon ordinateur au moment de faire mon JOURNAL DE BORD du soir, je n’ai que le courage d’écrire : Jeeps a été adopté et d’y inclure sa photo.
18h30, le refuge est fermé depuis une heure et avec Sophie on installe nos chiens, chacun bien à sa place pour la nuit.
Ca sonne à la porte. Sur l’écran de contrôle on aperçoit un homme qui porte un animal. C’est un tout petit chiot d’à peine 1 kilo tout trempé. Il vient de le trouver devant le camp de manouches sur le bord de la nationale. On la sèche, on la frictionne, il pleut des trombes d’eau.
- T’as drôlement de la chance toi, je lui dis
Et c’est le nom que nous lui donnons : CHANCE
Ca y est on peut enfin partir. Il est 19h… et ça sonne de nouveau à la porte… le téléphone, lui, sonne toujours…. Répondeur…. Faut pas pousser…
Une dame à la porte…. « j’ai trouvé un chaton… tout noir »
Vite vite dans une cage, faut se sauver … ça n’en finira jamais…
Une heure de voiture pour rentrer à la maison… il est un peu plus de 20h. Préparation du dîner, bisou à Lucie…et au lit.
Et vous voulez pas que je vous dise… à la fin du repas, une question de mon mari qui m’a achevée :
- Dis donc, t’as eu le temps aujourd’hui d’aller chercher ma montre en réparation chez le bijoutier ?