Sujet: "3 COCKERS POUR UNE B.A......." Aujourd’hui à 11:31
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Il n'y a plus de Mémère...Il n'y aura pas de Mystère. Parce que sur ses papiers, elle s'appelle ROXANE. Et qu'elle reconnaît très bien ce nom.
JEUDI
La belloune est arrivée jeudi vers 18 H. J'ai reçu un appel sur mon GSM "Allô...C'est vous la dame qui attendez un chien...Parce que nous en avons un devant la porte.." J'ai foncé. Devant la maison, il y a Sunshine (Nathalie) et Brigounette (Brigitte), le sourire au lèvres. Et dans la voiture....Une bergère allemande ! Roxane...
Avant d'entrer, comme elle vient d'être stérilisée, je lui passe un peu de répulsif sur les poils de l'arrière-main, indispensable contre Casanova-Nebby. Elle se laisse faire. Je laisse le soin à Nathalie de la faire entrer.
Les cockers se demandent manifestement ce que c'est que cette géante, mais l'acceptent d'assez bonne grâce. On les emmène tous dans le jardin, histoire de briser la glace. Roxane a l'air d'apprécier l'herbe sous ses pattes.
Nous rentrons, les chiens suivent. Nathalie montre à Roxane son "lit", elle se couche, un peu perdue. Un cocker approche, elle grogne et montre les dents "NON !" J'interviens immédiatement, même si ses co-voitureuses sont encore là. Néanmoins,,je comprends sa réaction, c'est nouveau pour elle, elle ne se sent pas assurée, elle a défini un mini-territoire derrière la table de salon et son couchage, et elle le défend. Elle SE défend. Il faudra juste qu'elle prenne confiance et trouve ses marques. 1ère mesure à prendre : supprimer le lieu de conflit. Je déplace la table de salon, ça fait plus de place, impossible de se "planquer".En même temps, j'imtime aux cockers l'ordre de la laisser tranquille.
On papote, Roxane reste couchée sur son coussin. Viking a regagné son fauteuil et Nebby s'est endormi béatement sur les genoux de Brigitte. Chipie chouine doucement dans son panier.
Finalement, nous passons à table. Les chiens suivent. Roxane se couche près de Nathalie. Nebby essaie désespérément de partager le repas de Brigitte. Mais pas question, pas de chiens à table. D'ailleurs, j'avais fait manger les cockers peu avant, ils seront plus calmes. En fin de repas, on appelle Noisette. Alors, elles sont arrivées ?" "Ben non...Elles ont dû se perdre en Allemagne...." Un rugissement dans le téléphone : "Mais c'est pas possible !!! Tu rigoles ?" Moi (sérieuse comme un pape) "En ai-je l'air ?" "Non...Mais avec toi, ça ne veut rien dire.." Exact. Je lui passe Nathalie, qui lui fait le compte-rendu de sa journée. Elles n'ont pas chômé, les co-voitureuses, mais elles sont encore pleines d'enthousiasme en pensant aux loulous qui ont été sauvés.
Il faut bien penser au retour, elles ne sont pas encore rendues. Je les aurais bien gardée encore un peu, moi, c'est agréable de rencontrer des amies virtuelles pour de bon. A force de fréquenter sur le Forum, nous noussommes conduites dès la première minute comme si nous nous connaissions depuis toujours. Elles disent au revoir à Roxane, lui promettent de ne pas lui faire refaire cette route en sens inverse. Mentalement, je lui fais la même promesse. Pendant les au-revoir, j'écoute quand même ce qui se passe de l'autre côté de la porte, mais à part le "nouf nouf" habituel de Nebby qui sniffe sous la porte, rien.
Je rentre. Le comité d'accueil est là, mais en plus, il y a Roxane. Mon chien. Ma B.A.....Elle bat largement de la queue, suit la troupe jusque dans la cuisine. Je sors les dés de jambon, tout le monde y fait honneur.
Roxane a tendance à grogner quand un des cockers l'effleure au passage. "ON NE GROGNE PAS LES COCKERS!" devient mon leitmotiv. Elle le comprend très vite. Je lui prépare une petite gamelle riz-poulet-haricot, puis nous sortons pour la première promenade.
Elle marche parfaitement au pied.Nous arrivons à la grand-route "Roxane, stop!" "Roxane, en avant!" Je retrouve mes "réflexes B.A.", seul le nom a changé....Elle fait connaissance avec 2 shih-tzu et un jack-russel. Aucune agressivité, au contraire, elle tire pour aller à leur rencontre. Nous rentrons, saluées par un concert de chouinements cockériens. Roxane hésite un peu à rentrer, avec ces trois énergumènes.
Chipie-Chérie rentre, plonge sur Roxane comme un demi-de-mêlée sur le ballon "Ma chériiiiiiiie, ma belle...." Roxane lui fait la fête, les cockers s'en mêlent, elle distribue caresses et bisous à tout ce qui bouge, à la satisfaction générale. A noter que Roxane l'avait à peine aperçue, elle sortait comme les 'Françaises" arrivaient. Nebby approche pour demander un câlin. Un grondement sourd monte du coussin "NON !" Elle cesse tout de suite, admet même la présence de Nebby à proximité. Par contre, je suis intransigeante sur un point : PAS DE COCKER(S) SUR LE COUSSIN. Non-négociable. Le territoire de Roxane est no cockers'land. Ils se le tiennent pour dit. Sauf Chipie qui chouine d'indignation quand je la saisis fermement au collier pour la ramener à son panier. Ca ne te plaît pas, ma chérie, mais ça vaut mieux qu'un coup de dents...Quant à moi, je ne dormirai pas beaucoup, occupée à guetter le souffle de Roxane allongée près de moi...sur le sol. Je repense à la phrase de Nathalie "...C'est autre chose que le béton...." Peut-être a-t-elle trop longtemps dormi sur le sol, comme ces prisonniers qui une fois libérés, ne peuvent dormir dans un lit confortable ? Ce n'ets qu'au petit matin qu'elle s'installera sur le coussin.
VENDREDI
La première nuit s'est très bien passée, Roxane s'est levée à plusieurs reprises pour aller boire ou faire un tour de jardin. Sitôt levée, je prépare les gamelles. Je dépose les gamelles de cockers aux endroit habituels, celle de Roxane un peu à l'écart, Pendant que je sers les 3 loustics, elle me suit, mais ne s'intéresse absolument pas aux gamelles des autres, elle connaît déjà la sienne et l'accueille d'un battement de queue.
A près le repas, je la sors. Non loin de chez moi, il y a une famille turque dont je vois les enfants chaque matin en partant au bureau, on se dit bonjour...Mais aujourd'hui, je marche sur la chaussée, à cause de la chienne. Le petit (4-5 ans) ne voit que moi. Arrivée à sa hauteur, en tre deux voitures, il apperçoit Roxane. Il saute sur le seuil, écarquille les yeux, bégaie :"C'est...C'est UN LOUP ?" Son père arrive "Non, c'est un berger allemand" Je lui propose de dire bonjour à la chienne, non, il est impressionné. Mais finalement, il se décide timidement d'abord, puyis avec enthousiasme. Roxane est ravie, c'est une boulimique de caresses. J'ai pris la laisse FLEXI, mais ça ne sert pas à grand'chose : elle ne s'éloigne pas et rapplique dès qu'il y a plus de 2m entre elle et moi. Aujourd'hui, c'est deux fox-terriers, un autre BA et 2 pitbulls, qu'on rencontre, avec la même convivialité.
Retour. Cette fois, elle s'arrête exactement à la maison, me suit de suite. Comme son coussin est super-moëlleux mais hyper-glissant, je lui improvise une housse avec un couverture polaire, elle sera mieux. On sonne, c'est mon frère. Il vient prendre de mes nouvelles, et surtout voir la chienne. Elle ne manifeste rien se laisse caresser. Après le départ de Gérald, je me remets à la couture, le museau de Roxane sur mes pieds. Où que je sois, elle me suit comme mon ombre, si je m'arrête, elle se couche à côté de moi. Comme le faisait Patou. La journée se passe bien.
Seule échauffourée, mais entièrement de ma faute. Je n'ai pas pensé que Viking avait l'habitude de sauter sur les ombres qui dansent dans le soleil. Je faisais ma vaisselle, Roxane à mes pieds. L'ombre de mon torchon passe sur la porte de l'armoire, Vik' bondit et atterrit à demi-sur Roxane...qui réagit au quart de tour et plonge sur Viking, qui riposte aussitôt. "NON !!!"Roxane obéit et arrête immédiatement, Viking s'éloigne en ronchonnant. Même si l'erreur vient de moi, je ne peux pas laissser passer une bagarre : j'appelle les protagonistes et les eng...e tous les deux. Roxane s'aplatit, pas le genre apeuré, non, l'attitude du chein qui est grondé, sait pourquoi et l'accepte. Viking continue à ronchonner dans ses moustaches.
Je suis allée faire mes courses, ça m'a pris une bonne heure. Une heure passée à remplir mon chariot et à prier Saint François d'Assise, Saint Hubert et tous les protecteurs des animaux, même Sainte Agnès et son agneau, qu'elle leur donne la douceur... Mais au retour, sitôt la porte ouverte,,j'aperçois à travers la porte vitrée, l'arrière-train de Nebby qui "snouffe" sous la porte, le ying-yang de Viking et une silhouette sombre surmontée de deux oreilles pointues. 4 chiens me font la fête, tout s'est bien passé; Et je respire.
Distribution de nic-nacs, elle ne connaît pas apparemment. Les cockers se délectent, elle laisse tomber le sien, en deux morceaux. Re-biscuits. Cette fois, elle le croque, semble se dire que tout compte fait, ça se laisser manger...et s'empresse de récupérer les morceauxs du premier nic-nac. Chipie (qui a l'habitude de pousser sa truffe dans la gueule de ses frères à la poursuite des biscuits) hésite un peu devant la bergère puis semble se dire "Le gouffre est plus profond, c'est pas une raison pour ne pas l'explorer..." Et Roxane est tellement abasourdie qu'elle en oublie de protester !
SAMEDI
J'emmène Roxane à la boulangerie. Comme Roxane est "un grand format", j'entreprends de l'attacher au piquet juste près de la porte du magasin. Elle se laisse faire. Mais dès que je pose un pied sur le seuil, elle s'arrache presque le cou, pousse des hurlements de désespoir ! Je la détache tout de suite, ma pauvre belloune, tu as eu peur d'être abandonnée ? Je la fais entrer, explique à la boulangère qui elle est. La brave dame s'apitoie et lui offre un beau biscuit sec-maison.
La journée se passe tranquillement entre les promenades au jardin, le ménage, les câlins cockers/BA confondus. A part des retroussis de babines (de plus en plus espacés), la cohabitation s'installe. Et quand je la gronde, elle arrête tout de suite. Elle a compris que le coussin ,c'est sa place. Je claque des doigts, lui montre le coussin, elle se couche immédiatement. Mais elle continue à se lever et à me suivre dès que je bouge. A un moment, je veux aller boire un verre d'eau à la cuisine, ça prendra deux minutes. Je me lève, Roxane amorce le mouvement. Je dis simplement "Roxane, reste!" Et elle reste, elle attend que je revienne. Elle prend ses marques, je retrouve les miennes, celles d'une propriétaire de BA. Et ça me donne une joie immense.
Dans la nuit, Roxane émet quelques "wif wif wiwiwff", comme un chiot, elle rêve. Mais ce doit être un beau rêve, parce qu'elel remue la queue dans son sommeil...
DIMANCHE
Depuis quelques temps, Nebby a contracté la désagréable manie de prendre (nuitamment) mes pantoufles comme doudodu...et de les emmener au diable-vauvert. Mais pas ce matin ! Hier soir, je les ai vicieusement posée à côté de la couverture de Roxane, il n'osera pas. Il n'a pas osé. Mais en me réveillant, je n'avais pas davantage mes pantoufles. Parce que Roxane dormait de tout son coeur, elle avait glissé de moitié de son coussin...et son arrière-train écrasait mes pantoufles !
Déjeûner, promenade au jardin, étendre le linge, dire bonjour aux fleurs...Soudain, des aboiements éclatent, Vik' et Nebby partent à fond de train, poursuivis par Roxane qui démarre comme une fusée, bousculant Chipie qui proteste avec indignation. Les trois chiens s'engouffrent sous le forsythia en aboyant comme des damnés puis reviennent, manifestement fiers du devoir accompli. Les branches (hautes) du forsythia remuent un peu. Bon, il y a au moins un sujet sur lequel se fera l'union sacrée : courser les chats !
Journée calme, je cuisine, Roxane à mes pieds, elle ne mendie pas, meême si l'odeur du poulet vient lui chatouiller les narines. De temps en temps, je demande "Ca va, moun belloun ?" Elle sait déjà que c'est elle, elle lève la tête, je lui pose un bisou sur la truffe. Puis séance de bisous-truffe avec les cockers. Je ne les néglige sûrement pas, mais je ne peux me défendre d'un certain sentiment de culpabilité...parce que Roxane dormant près de moi, les cockers ont moins de possibilité de venir me lécher le visage et me persécuter quand je me repose. Culpabilité qu'ils ressentent très bien et dont ils profitent sans vergogne. "Puisqu'on ne peut pas attaquer de front, on attaquera de flanc !" Et les 3 p'tits monstres viennent se coller avec un bel ensemble sur mes pieds, mes jambes, dans mon dos. Ils savent très bien que je ne les chasserai pas, la contrition est à ce prix.
Demain, je retourne au bureau, je prends mes dispositions : les gamelles d'eau sous la table, dégager le passage pour que les chiens ne se gênent pas, le couchage de Roxane ira à la place habituelle des gamelles.
Tout le monde au lit. Un claquement de doigts, je montre le coussin, Roxane s'installe avec un profond soupir de bien-être.
4h du matin...Je m'éveille. On entend les premiers oiseaux. Je tends la main, caresse le poil de Roxane, elle lève la tête, me lèche la main, remue la queue. Je retire ma main...Elle le dresse, pousse ma main du museau, l'air de dire "C'est déjà fini, les caresses?" Je reprends le mouvement, à chaque fois que je m'interromps, elle me relance d'un cup de truffe. Comme Kiri. Je croise son regard et l'espace d'un instant, Roxane est Kiri. Kiri est vivant en Roxane. Et pour la première fois depuis son arrivée, je cache mon visage dans le poil de ma brave toutoune et je fonds en larmes. Mais ça ne fait pas mal. Parce que ce n'est pas le souvenir de Kiri que je pleure, c'est le bonheur retrouvé...